L’épargne citoyenne au service du développement des territoires

Le circuit court de l’argent, jusqu’à l’épargne directe ?

Intervention dans le cadre de la table ronde : l’Economie Sociale et Solidaire, terreau d’innovation sociale et économique, Convention ESS  « l’heure du changement d’échelle » Rouen le 6 avril 2013

Dans le cadre d’une création d’activité, une installation agricole notamment, où la nécessité d’acquérir le foncier conditionne le lancement d’une activité, le porteur de projet se confronte rapidement à la question du financement de cet investissement. Un débat fort sur la nature de ces fonds et leur rétribution anime le monde de l’ESS.

Avec ou sans les banques ?

Le mode de financement qui reste le plus courant est l’intervention d’une banque classique pour contracter un prêt long terme. Cela signifie pour les acteurs que les intérêts versés ne pourront être fléchés et serviront peut-être à financer des grands projets inutiles, des énergies fossiles. Et que, par conséquent, sa propre activité, construite dans l’esprit d’un impact social et environnemental le plus positif, contribuera finalement à renforcer le modèle combattu.

C’est pour répondre à ces critères de l’utilité de l’épargne que se sont crées des structures coopératives, responsables (Crédit Coopératif, NEF). Mais le schéma économique reste le même, avec des contraintes importantes liées à ce type de structure : délais de réponse, manque de réactivité, demande de garanties souvent plus importantes que dans les autres banques.

D’autres interfaces se sont positionnées sur un principe de circuit court de l’argent (maximum un intermédiaire) : fondation, foncières, clubs d’investisseurs. Elles peuvent être spécifiques à l’accompagnement de certains secteurs : par exemple Terre de Liens pour le monde agricole.

Reste la solution d’une épargne directe, où les épargnants investissent sans l’intervention d’une structure tampon dans des projets, des terres ou des locaux à même de les accueillir. Cette solution, choisie dans quelques modèles de Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif (SCIC) ou de Groupements Fonciers Agricoles (GFA), est encore assez peu répandue.

Comment passer le cap du circuit court à l’épargne directe ?

Le rôle des intermédiaires

Banques, fondations, foncières captent l’épargne, que les particuliers placent parfois explicitement à destination d’une économie socialement et environnementalement mieux-disante. Leur rôle ? Elles font valoir leur légitimité à parler d’argent et le gérer. Elles entretiennent la confiance avec les épargnants, elles garantissent  l’épargneplacée.

Confiance, légitimité, garanties économiques : les porteurs de projets sont-ils à même de proposer un modèle intégrant ces mêmes critères ? La réponse est oui bien-sûr. Plus encore quand l’épargne levée est mobilisée au sein de réseaux (familiaux, professionnels, sociaux), en lien direct avec les porteurs de projets, ou sur le territoire, en lien avec le projet lui-même.

Par ailleurs, dans le cadre d’achat de foncier, l’épargne est garantie au-delà de la viabilité des expériences économiques menées sur ces espaces : terres agricoles, local commercial, etc…

Valorisation de l’investissement

L’ESS pâtit de modes de financements (dons, subventions, clubs d’investisseurs Cigales) où la prise de risque dans l’aide au démarrage d’une activité n’est pas assez rétribuée par rapport à l’économie traditionnelle.

Il faut  bien insister sur le fait que dans l’ESSla rétribution symbolique se cumule à la rétribution financière. L’une ne se substitue pas à l’autre ! Ce que les anglo-axons appellent la « love money » ne suffira pas à construire un modèle durable de financement d’une économie alternative.

Le micro-crédit l’a compris. Son modèle de prêt accessible à tous est d’ailleurs largement critiqué pour des taux d’intérêts parfois trop élevés ne répondant pas au critère du juste prix de l’argent.

Pour les porteurs de projet souhaitant solliciter l’épargne citoyenne directe, il s’agit de réfléchir à un schéma où les parts sociales prises par les citoyens sont aussi bien, voire mieux, rémunérées que leur épargne bancaire.

 

Locale, interpersonnelle, cette épargne donne sens aux projets. Elle construit et formalise l’ancrage territorial ou sectoriel d’un projet. L’énergie engagée pour communiquer, pour aller convaincre directement, un par un, les financeurs, contribue donc beaucoup plus largement à l’activité naissante que le financement seul du foncier.

Claire Desmares, porteur du projet Micamot (Bretagne)

 

Le projet Micamot, basé à Sixt-sur-Aff (35) est basé sur une ferme où sont réunies plusieurs activités : une production de plantes aromatiques et médicinales en agriculture biologique et un café -librairie.

La SCI « La châtaigneraie des landes » a été crée pour racheter collectivement la ferme où le projet est expérimenté depuis 2 ans.

Le lot (terres et bâtis) vaut 140000 €. La part sociale est fixée à 100 €, A VOUS DE JOUER !

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